Hypnose profonde pour trauma : est-ce adapté ?
Certaines expériences ne restent pas seulement dans les souvenirs.
Elles peuvent continuer à se manifester dans le quotidien : tension persistante, sommeil perturbé, vigilance difficile à relâcher, réactions émotionnelles intenses, évitement de certaines situations ou parfois étrange impression d’être présent… sans l’être complètement.
Lorsque les traces d’un vécu difficile prennent trop de place, l’hypnose profonde peut constituer une piste de travail complémentaire.
Pas pour effacer une histoire.
Pas pour obliger à revivre brutalement ce qui s’est passé.
Mais pour travailler, à votre rythme, sur ce qui continue aujourd’hui à déclencher une réaction, tout en cherchant à renforcer la sécurité, la stabilité et la capacité à retrouver une marge de choix.
À Hypnothérapie Yverdon, à Yverdon-les-Bains, j’utilise l’hypnose, l’EMDR et d’autres outils en fonction de la situation et de la personne. L’objectif n’est pas de faire entrer chacun dans le même protocole, mais de construire un accompagnement cohérent avec ce qui est vécu aujourd’hui.
Après un événement difficile, les réactions ne sont pas toujours immédiates
Un accident, une agression, une situation professionnelle éprouvante, une exposition répétée à l’urgence, des violences, une enfance instable, des humiliations ou d’autres expériences fortement chargées émotionnellement peuvent laisser une empreinte durable.
Chez certaines personnes, les conséquences apparaissent rapidement.
Chez d’autres, elles restent discrètes pendant des mois ou des années.
On travaille.
On s’occupe de sa famille.
On continue à faire ce qu’il faut.
Et puis, à l’occasion d’une période de fatigue, d’une surcharge professionnelle, d’un changement de vie ou simplement d’une situation qui rappelle quelque chose du passé, les réactions deviennent plus présentes.
Cela peut notamment prendre la forme de :
- réveils nocturnes ou sommeil peu récupérateur ;
- tension corporelle persistante ;
- irritabilité inhabituelle ;
- difficulté à réellement se détendre ;
- réactions très fortes dans certaines situations ;
- évitement de lieux, de personnes ou de contextes particuliers ;
- images ou souvenirs qui reviennent involontairement ;
- sensation de rester constamment sur ses gardes ;
- impression de fonctionner en mode automatique.
Ces manifestations peuvent avoir différentes causes et ne permettent pas, à elles seules, de poser un diagnostic. Lorsqu’elles persistent ou ont un impact important sur la vie quotidienne, une évaluation par un professionnel de santé peut être nécessaire.
Qu’entend-on réellement par « hypnose profonde » ?
Le terme hypnose profonde peut donner l’impression qu’il faudrait atteindre un état spectaculaire ou perdre complètement conscience de ce qui se passe.
Ce n’est pas ainsi que je l’envisage.
L’hypnose correspond notamment à une modification de l’attention et à une capacité d’absorption plus importante dans l’expérience intérieure. Son intensité varie considérablement d’une personne à l’autre et même d’une séance à l’autre.
Plus profond ne signifie pas automatiquement plus efficace.
Une personne peut rester consciente de la pièce, entendre ma voix, parler, bouger ou demander à interrompre l’expérience.
Elle reste actrice de la séance.
Chez une personne qui passe ses journées à analyser, anticiper, décider et contrôler, parvenir simplement à laisser momentanément moins de place à cette activité mentale peut déjà modifier considérablement l’expérience.
La profondeur utile est donc celle qui permet de travailler confortablement et avec suffisamment de sécurité.
Quelle place pour l’hypnose dans le travail autour d’un trauma ?
Dans ma pratique, l’hypnose peut notamment être utilisée pour travailler sur :
- le sentiment de sécurité dans le présent ;
- certaines réactions émotionnelles automatiques ;
- les sensations corporelles associées à une situation ;
- les ressources personnelles ;
- la capacité à revenir au calme ;
- la distance émotionnelle vis-à-vis de certains souvenirs ou déclencheurs.
Il ne s’agit pas de nier ce qui s’est produit.
L’histoire reste l’histoire.
Le travail porte plutôt sur la manière dont cette histoire continue — ou non — à s’imposer dans le présent.
Une précision importante est nécessaire : l’hypnose n’est pas actuellement considérée comme un traitement de première intention du trouble de stress post-traumatique dans les principales recommandations internationales.
Les approches disposant aujourd’hui des données scientifiques les plus solides comprennent notamment certaines thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma et l’EMDR.
Les recherches consacrées spécifiquement à l’hypnose sont moins nombreuses. Une revue systématique récente rapporte des résultats encourageants dans plusieurs études, mais souligne également une forte hétérogénéité des protocoles et des recherches disponibles.
C’est pourquoi je préfère présenter l’hypnose avec prudence : elle peut constituer un outil complémentaire pertinent pour certaines personnes, mais elle ne remplace pas une prise en charge médicale, psychologique ou psychiatrique lorsqu’elle est nécessaire.
Le principe essentiel : ne pas forcer le souvenir
L’une des inquiétudes les plus fréquentes est la suivante :
« Est-ce que je vais devoir tout raconter ? »
Pas nécessairement.
Travailler autour d’un vécu traumatique ne signifie pas automatiquement devoir raconter chaque détail de l’événement.
Avant de travailler sur ce qui est difficile, il peut être préférable de commencer par quelque chose de beaucoup plus simple :
- retrouver des appuis corporels ;
- identifier ce qui apaise ;
- apprendre à revenir au présent ;
- développer des ressources utilisables entre les séances ;
- observer ce qui se passe sans immédiatement chercher à le modifier.
Le rythme fait partie du travail.
Si une expérience devient trop intense, il est possible de ralentir, de modifier la séance ou de revenir vers des éléments plus stabilisants.
L’objectif n’est pas de démontrer que vous êtes capable de supporter davantage.
C’est plutôt de retrouver progressivement davantage de latitude face à ce qui, auparavant, déclenchait une réaction automatique.
Quand continuer à fonctionner masque ce qui se passe réellement
Certaines personnes sont particulièrement douées pour continuer.
Elles travaillent.
Elles prennent des décisions.
Elles gèrent les imprévus.
Elles restent disponibles pour les autres.
De l’extérieur, rien ne laisse nécessairement penser que quelque chose ne va pas.
Cette situation peut notamment concerner les professionnels de l’urgence, mais aussi les soignants, les personnes confrontées à de fortes responsabilités ou celles habituées depuis longtemps à ne pas montrer leurs difficultés.
La capacité à agir efficacement sous pression est une ressource précieuse.
Mais être fonctionnel ne signifie pas nécessairement récupérer.
Le coût peut apparaître ailleurs : sommeil, patience, relations, fatigue, consommation, hypervigilance ou difficulté à véritablement quitter le travail une fois rentré chez soi.
Il arrive alors que l’on minimise sa fatigue ou son épuisement émotionnel parce que l’on continue malgré tout à assurer l’essentiel.
Hypnose, EMDR : pourquoi ne pas utiliser systématiquement la même méthode ?
Parce que deux personnes ayant vécu des événements comparables peuvent avoir aujourd’hui des besoins très différents.
L’une aura besoin de comprendre ses réactions.
Une autre aura surtout besoin de retrouver du sommeil et de la stabilité.
Une troisième sera prête à travailler sur un souvenir précis.
Une quatrième ne le sera pas encore.
C’est pourquoi la première séance commence par un échange permettant de préciser :
- ce qui vous amène aujourd’hui ;
- les situations qui vous mettent en difficulté ;
- ce qui fonctionne déjà ;
- vos ressources actuelles ;
- votre niveau de fatigue ;
- ce que vous souhaitez réellement voir évoluer.
Selon la situation, mon accompagnement peut utiliser l’hypnose, l’EMDR, l’EFT ou des outils simples de régulation émotionnelle.
Il n’est pas nécessaire de choisir vous-même la technique avant de venir.
Nous déterminons ensemble ce qui paraît le plus pertinent.
Une séance n’a pas besoin d’être spectaculaire pour être utile
Dans l’imaginaire collectif, travailler sur un trauma devrait nécessairement provoquer une séance particulièrement intense.
Ce n’est pas un objectif.
L’intensité émotionnelle n’est pas un indicateur de qualité.
Une évolution peut parfois être beaucoup plus discrète :
- se sentir moins tendu dans une situation précise ;
- réagir différemment à un déclencheur ;
- récupérer plus facilement après une journée difficile ;
- retrouver une meilleure qualité de sommeil ;
- se sentir davantage présent auprès de ses proches ;
- constater que certaines pensées prennent moins de place.
Et il est impossible de prévoir à l’avance exactement comment une personne évoluera.
Le nombre de séances varie lui aussi en fonction de l’histoire, de la situation actuelle, des objectifs et de la manière dont le travail progresse.
Je préfère ne jamais annoncer un nombre de séances ou un résultat garanti.
Retrouver davantage de place dans le présent
Après certaines expériences, une partie de nous peut continuer à réagir comme si elle devait encore se protéger.
Une odeur.
Un bruit.
Un endroit.
Une conversation.
Une situation professionnelle.
Parfois même quelque chose de difficile à identifier consciemment.
L’accompagnement peut alors chercher à renforcer progressivement la distinction entre ce qui s’est produit et ce qui se passe réellement aujourd’hui.
Le but n’est pas d’oublier.
C’est de permettre au passé de prendre une place différente afin qu’il ne décide pas systématiquement de la réaction présente.
Pour certaines personnes, cela signifie retrouver du calme.
Pour d’autres, mieux dormir.
Ou reprendre une activité évitée depuis longtemps.
Ou simplement rentrer chez soi après une journée difficile et réussir, enfin, à être réellement là.
Hypnose et trauma à Yverdon-les-Bains : quand envisager un accompagnement ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre que tout devienne insupportable.
Vous pouvez envisager d’en parler lorsque certaines réactions persistent, reviennent régulièrement ou commencent à avoir des conséquences sur :
- votre sommeil ;
- votre travail ;
- vos relations ;
- votre énergie ;
- votre capacité à récupérer ;
- certaines activités que vous évitez désormais.
À Hypnothérapie Yverdon, je vous accueille à Yverdon-les-Bains pour un accompagnement individualisé utilisant notamment l’hypnose, l’EMDR et l’EFT lorsque ces approches sont adaptées à votre situation.
En présence d’une détresse importante, de symptômes sévères, d’un risque pour votre sécurité ou d’une situation nécessitant une évaluation médicale ou psychiatrique, l’accompagnement doit être orienté ou coordonné avec les professionnels de santé appropriés.
Vous sentez que certaines expériences continuent à prendre trop de place ?
La première séance permet d’abord de comprendre ce que vous vivez aujourd’hui et de déterminer avec vous quelle approche peut être pertinente.
Vous n’avez pas besoin de savoir à l’avance si vous avez besoin d’hypnose, d’EMDR ou d’une autre méthode.
Hypnothérapie Yverdon Yverdon-les-Bains www.hypnose-yverdon.ch
Questions fréquentes
Est-ce que l’hypnose oblige à revivre un traumatisme ?
Non. Un accompagnement ne consiste pas à provoquer volontairement une reviviscence intense. Le travail peut commencer par la stabilisation, les ressources et le retour au présent. La manière d’aborder un souvenir dépend ensuite de la personne, de sa situation et de l’approche choisie.
Est-ce que je dois raconter tous les détails de ce qui s’est passé ?
Pas nécessairement. Il est possible de travailler sur des sensations, des émotions, des réactions ou certaines représentations sans raconter systématiquement l’intégralité d’un événement.
Est-ce que l’on perd le contrôle en hypnose profonde ?
L’hypnose n’est pas une prise de contrôle par le praticien. La personne reste actrice de l’expérience et peut communiquer, bouger, demander une modification ou interrompre la séance.
L’hypnose est-elle un traitement reconnu du TSPT ?
Les principales recommandations internationales accordent actuellement davantage de poids aux thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma et à l’EMDR pour le traitement du trouble de stress post-traumatique. Les données concernant l’hypnose restent plus limitées et hétérogènes. Elle peut donc être envisagée comme un outil complémentaire selon la situation, sans se substituer à une prise en charge indiquée.
Combien de séances faut-il ?
Il n’existe pas de nombre valable pour tout le monde. Cela dépend de la situation, de l’objectif, du vécu, des ressources actuelles et de l’évolution du travail. Aucun nombre de séances ni résultat ne peut être garanti.
Pour aller plus loin
Sources et repères scientifiques
Les données scientifiques concernant les interventions après un traumatisme évoluent. Les sources ci-dessous permettent de distinguer les approches disposant des recommandations les plus solides des méthodes pour lesquelles les données sont encore limitées.
- Organisation mondiale de la Santé (OMS), Trouble de stress post-traumatique : les psychothérapies centrées sur le trauma et l’EMDR figurent parmi les interventions disposant du plus haut niveau de preuve.
Consulter la fiche de l’OMS - NICE, Post-traumatic stress disorder – NG116 : recommandations concernant notamment les thérapies cognitivo-comportementales centrées sur le trauma et l’EMDR.
Consulter les recommandations NICE - VA/DoD Clinical Practice Guideline for Management of Posttraumatic Stress Disorder and Acute Stress Disorder : les auteurs considèrent actuellement les preuves comme insuffisantes pour recommander pour ou contre l’hypnose comme traitement spécifique du TSPT.
Consulter les recommandations VA/DoD - Revue systématique récente : Effectiveness of hypnosis in adults with posttraumatic stress disorder (PTSD). Les résultats de plusieurs études sont encourageants, mais la grande hétérogénéité des recherches ne permet pas encore de définir clairement la place de l’hypnose par rapport aux thérapies du trauma reconnues.
Consulter la publication sur PubMed
Information importante : cet article a une visée informative. Il ne permet pas d’établir un diagnostic et ne remplace pas un avis médical, psychologique ou psychiatrique lorsque celui-ci est nécessaire.


