Réalité virtuelle thérapeutique à Yverdon : ce que la VR change vraiment en séance
Réalité virtuelle thérapeutique à Yverdon : ce que la VR change vraiment en séance
Mettre un casque de réalité virtuelle dans un cabinet d’hypnose peut, au premier abord, sembler assez éloigné de l’image traditionnelle d’une séance thérapeutique.
Et pourtant, c’est précisément ce contraste qui m’intéresse.
La réalité virtuelle ne remplace ni l’échange, ni l’hypnose, ni le travail thérapeutique. Elle ajoute quelque chose de différent : la possibilité de créer, pendant quelques minutes, un environnement immersif, contrôlé et progressif dans lequel l’attention peut être mobilisée autrement.
Depuis que j’ai intégré la réalité virtuelle thérapeutique à ma pratique à Hypnothérapie Yverdon, son rôle s’est progressivement précisé.
Je ne la considère pas comme une thérapie à elle seule, encore moins comme un gadget technologique destiné à rendre une séance plus spectaculaire.
Je la considère comme un outil.
Un outil qui peut être pertinent dans certaines situations, totaement inutile dans d’autres, et qui doit toujours rester au service de la personne et de l’objectif défini ensemble.
Pourquoi utiliser la réalité virtuelle dans un accompagnement ?
Imaginez une personne qui connaît parfaitement les exercices de respiration, qui sait qu’elle devrait ralentir, mais qui éprouve malgré tout beaucoup de difficulté à décrocher de son environnement.
Le téléphone reste quelque part dans le champ de vision. Les bruits continuent. Le regard accroche les objets de la pièce. Une partie de l’attention reste orientée vers l’extérieur.
Avec un casque de réalité virtuelle, le contexte change.
Le champ visuel est occupé par un environnement choisi. L’attention est davantage dirigée vers l’expérience en cours. Un paysage, une situation ou un exercice peut devenir suffisamment présent pour réduire temporairement certaines sollicitations extérieures.
C’est ce phénomène d’immersion qui rend la réalité virtuelle particulièrement intéressante.
Il ne s’agit pas de faire croire au cerveau que « tout est réel », ni d’appuyer sur un bouton pour arrêter le stress.
Il s’agit plutôt de créer un cadre dans lequel certaines expériences peuvent être travaillées de façon plus concrète.
Réalité virtuelle et stress : créer une vraie rupture avec l’environnement
Dans le domaine du stress et de la récupération, certains environnements virtuels utilisent notamment des paysages naturels, des exercices respiratoires ou des expériences immersives destinées à favoriser la détente.
Une importante méta-analyse publiée en 2026 dans le Journal of Medical Internet Research a analysé des essais randomisés portant sur les interventions en réalité virtuelle destinées à réduire le stress dans la population générale.
Les résultats sont encourageants : dans l’ensemble, les interventions étudiées étaient associées à une diminution du stress perçu et de l’anxiété.
Il faut cependant ajouter une nuance importante : les études utilisaient des méthodes, des environnements et des protocoles très différents, avec une hétérogénéité importante des résultats.
La réalité virtuelle semble donc constituer un outil prometteur de gestion du stress, mais elle ne garantit évidemment pas qu’une immersion produira le même effet chez tout le monde.
Au cabinet, c’est précisément pour cette raison que je ne propose pas la VR de manière automatique.
Elle peut être utilisée lorsque l’immersion apporte quelque chose de pertinent au travail en cours.
Phobies : probablement l’un des usages les plus intéressants de la VR
La réalité virtuelle prend une dimension différente lorsqu’elle est utilisée pour travailler autour de certaines peurs ou phobies.
Imaginez par exemple une personne qui souhaite travailler sur sa peur de la hauteur.
Dans la vie réelle, organiser immédiatement une exposition sur une passerelle, une échelle, un sentier de montagne ou une plateforme élevée serait évidemment peu pratique et parfois inadapté.
La réalité virtuelle permet au contraire de créer une progression.
Une situation peut être présentée, observée, interrompue ou ajustée.
La difficulté peut évoluer progressivement, dans un environnement où le praticien reste présent et où la personne conserve la possibilité d’arrêter l’expérience.
C’est dans le domaine des thérapies d’exposition que la littérature scientifique sur la réalité virtuelle est historiquement l’une des plus développées.
Plusieurs méta-analyses montrent des résultats intéressants pour certaines phobies et certains troubles anxieux. Une méta-analyse publiée en 2025 sur l’anxiété sociale retrouve notamment une efficacité supérieure à l’absence d’intervention et des résultats comparables à d’autres interventions actives dans plusieurs comparaisons.
Cela ne signifie pas que la VR est supérieure à une exposition réelle.
Elle permet surtout de disposer d’un environnement supplémentaire, contrôlable et reproductible, lorsque cette modalité est adaptée à la personne.
L’intérêt n’est pas seulement ce que l’on voit dans le casque
Une séance utilisant la réalité virtuelle ne consiste pas à installer quelqu’un dans un casque et à attendre que la technologie fasse le travail.
Pour moi, l’essentiel se situe même largement autour de l’immersion.
Avant : comprendre ce que la personne souhaite travailler, déterminer si la VR est pertinente, choisir l’environnement et définir une progression adaptée.
Pendant : observer les réactions, communiquer, ajuster l’expérience, accompagner la respiration ou le travail hypnotique lorsque cela a du sens.
Après : sortir progressivement de l’immersion, mettre des mots sur ce qui vient d’être vécu et intégrer l’expérience dans le travail de la séance.
Le casque fournit l’environnement.
Il ne remplace pas l’accompagnement.
Hypnose et réalité virtuelle : deux manières de travailler avec l’attention
C’est probablement ici que l’association entre hypnose et réalité virtuelle devient particulièrement intéressante.
L’hypnose utilise notamment la focalisation de l’attention, l’imagination, les sensations et l’expérience subjective.
La réalité virtuelle utilise également l’attention et l’immersion, mais en apportant un environnement sensoriel externe.
Les deux approches ne sont donc pas identiques.
Elles peuvent cependant devenir complémentaires.
Chez certaines personnes, l’environnement virtuel facilite l’entrée dans l'expérience.
Chez d’autres, l’imagination hypnotique suffit largement et la réalité virtuelle n’apporterait rien de plus.
C’est précisément pour cette raison que je préfère parler d’intégration de la réalité virtuelle à la pratique plutôt que de « thérapie VR » utilisée systématiquement.
L’objectif reste toujours le même : choisir l’outil en fonction de la personne, et non adapter la personne à l’outil.
Stress, phobies, préparation mentale : plusieurs utilisations possibles
Selon les objectifs et la situation, la réalité virtuelle peut notamment constituer une piste pour travailler autour de :
- certaines peurs ou phobies ;
- la familiarisation progressive avec certaines situations ;
- la gestion du stress ;
- la respiration et la récupération ;
- certaines situations anxiogènes lorsque le cadre est adapté ;
- la préparation mentale ;
- la capacité à rester présent face à une situation générant de l’appréhension.
La VR peut également être combinée avec l’hypnose ou avec d’autres outils que j’utilise au cabinet lorsque cette association présente un intérêt.
Elle n’est toutefois ni obligatoire ni indiquée pour chaque personne.
Que dit réellement la science sur la réalité virtuelle thérapeutique ?
Le développement rapide de la réalité virtuelle a naturellement généré beaucoup d’enthousiasme.
Mais enthousiasme technologique et niveau de preuve scientifique ne sont pas la même chose.
Une revue systématique avec méta-analyse publiée en 2025 dans Acta Psychiatrica Scandinavica a étudié 55 études regroupant plus de 3 000 participants et plusieurs troubles psychiques.
Des résultats intéressants ont été retrouvés pour certaines indications, notamment certaines phobies, l’anxiété sociale ou la panique/agoraphobie lorsqu’on comparait les interventions VR à des groupes témoins passifs.
Les auteurs soulignent cependant que la qualité des preuves restait faible ou très faible pour de nombreuses indications et que plus de la moitié des études présentaient un risque élevé de biais.
Cette nuance est importante.
La réalité virtuelle est un domaine prometteur, mais elle n’est pas une solution universelle et toutes ses utilisations ne disposent pas du même niveau de validation scientifique.
C’est précisément la manière dont je souhaite l’intégrer au cabinet : avec curiosité, mais également avec prudence.
Quand la technologie devient un sujet professionnel à part entière
Cette réflexion autour de l’intégration de la réalité virtuelle dans l’hypnose va désormais dépasser le cadre de mon cabinet à Yverdon-les-Bains.
J’aurai en effet l’honneur d’intervenir lors de la Convention d’Hypnose Moderne © 2027, organisée à Nice les 24 et 25 avril 2027 par le Dave Elman Hypnosis Institute France et Pank HNO Hypnose.
J’y présenterai notamment mon travail autour de l’intégration de la réalité virtuelle à la pratique de l’hypnose.
L’objectif ne sera pas de présenter la VR comme « la prochaine révolution thérapeutique ».
Au contraire.
Je souhaite montrer concrètement ce qu’elle peut apporter, comment elle peut être intégrée à une séance, quelles sont ses indications possibles, mais également ses limites et les précautions qui doivent accompagner son utilisation.
Parce qu’une technologie devient réellement intéressante lorsqu’on cesse d’être impressionné par elle et qu’on commence à se demander :
« Dans cette situation précise, qu’apporte-t-elle réellement à la personne ? »
Une expérience qui doit rester progressive et confortable
Comme toute expérience immersive, la réalité virtuelle peut provoquer chez certaines personnes une gêne visuelle, des nausées, une sensation de désorientation ou ce que l’on appelle parfois le cybersickness.
Une revue systématique publiée en 2024 rappelle notamment que ces effets indésirables existent et qu’ils doivent être pris en compte lors de l’utilisation thérapeutique de casques immersifs.
Au cabinet, l’utilisation reste donc progressive et supervisée.
La personne conserve à tout moment la possibilité de communiquer et d’interrompre l’expérience.
Lorsque la réalité virtuelle n’est pas adaptée, je privilégie simplement une autre manière de travailler.
Et si vous êtes simplement curieux de découvrir l’expérience ?
Il n’est pas nécessaire d’être passionné de technologie.
Il n’est pas nécessaire non plus d’avoir déjà essayé un casque de réalité virtuelle.
La question importante n’est pas :
« Est-ce que la réalité virtuelle est faite pour moi ? »
Mais plutôt :
« Est-ce que cet outil pourrait être utile pour ce que je souhaite travailler aujourd’hui ? »
C’est une question que nous pouvons simplement examiner ensemble.
À Hypnothérapie Yverdon, la réalité virtuelle peut être intégrée à certaines séances lorsqu’elle constitue une modalité pertinente, notamment dans des accompagnements autour du stress, de certaines peurs, de l’appréhension ou de la préparation mentale.
Le cabinet est situé à Yverdon-les-Bains et accueille des personnes venant d’Yverdon, du Nord vaudois et des environs.
La technologie reste un outil. La personne reste au centre du travail.
Vous souhaitez découvrir si la réalité virtuelle pourrait avoir une place dans votre accompagnement ? Il est possible d’en discuter lors de votre séance et de choisir ensemble l’approche la plus adaptée à votre objectif.
Questions fréquentes sur la réalité virtuelle thérapeutique
La réalité virtuelle remplace-t-elle l’hypnose ?
Non. La réalité virtuelle est un outil complémentaire. Selon l’objectif de la séance, elle peut être utilisée seule pendant une partie du travail, associée à l’hypnose ou ne pas être utilisée du tout.
Faut-il souffrir d’une phobie pour utiliser la VR ?
Non. Les environnements immersifs peuvent avoir différentes fonctions. Certaines applications concernent l’exposition progressive, d’autres la relaxation, la respiration, la familiarisation avec une situation ou la préparation mentale.
Est-il possible d’arrêter l’expérience immédiatement ?
Oui. La personne reste libre d’interrompre l’immersion à tout moment. L’expérience doit rester adaptée à son rythme et à sa tolérance.
La réalité virtuelle peut-elle donner des nausées ?
Chez certaines personnes, un casque immersif peut provoquer une gêne visuelle, une sensation de désorientation ou des nausées. C’est l’une des raisons pour lesquelles l’utilisation doit rester progressive et supervisée.
La réalité virtuelle fonctionne-t-elle pour tout le monde ?
Non. Comme pour les autres outils thérapeutiques, l’intérêt de la VR varie selon les personnes, les situations et les objectifs. L’accompagnement doit être individualisé.
Pour aller plus loin
La littérature scientifique consacrée à la réalité virtuelle évolue rapidement. Parmi les travaux ayant servi à la rédaction de cet article :
- Strauch H. et al. (2026) – Virtual Reality Interventions for Stress Reduction in the General Population: Systematic Review and Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials, Journal of Medical Internet Research.
- Zeka F. et al. (2025) – The Effectiveness of Immersive Virtual Reality-Based Treatment for Mental Disorders: A Systematic Review With Meta-Analysis, Acta Psychiatrica Scandinavica.
- Tan Y.L. et al. (2025) – Virtual reality exposure therapy for social anxiety disorders: a meta-analysis and meta-regression of randomized controlled trials.
- Simón-Vicente L. et al. (2024) – Cybersickness. A systematic literature review of adverse effects related to virtual reality, Neurología.
Ces informations sont proposées à titre informatif et ne remplacent pas une évaluation ou une prise en charge médicale lorsque celle-ci est nécessaire.



