Stress chronique : ce que le zèbre de Sapolsky nous apprend sur notre corps
Pourquoi notre corps peut-il rester en alerte alors que le danger est passé ?
Le zèbre de Robert Sapolsky nous aide à comprendre le stress chronique.
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Stress chronique : ce que le zèbre de Sapolsky nous apprend sur notre corps
Un zèbre voit arriver un lion.
À ce moment-là, il ne fait pas de développement personnel.
Il court.
Son cœur accélère. Sa respiration change. Son organisme mobilise rapidement de l’énergie. Tout ce qui n’est pas indispensable à sa survie immédiate passe provisoirement au second plan.
Et c’est exactement ce qu’on attend d’un système de stress qui fonctionne correctement.
Le lion disparaît, le danger s’éloigne et, progressivement, l’organisme peut revenir à autre chose.
Nous avons globalement le même équipement biologique.
Avec une différence assez spectaculaire : nous n’avons pas toujours besoin d’un lion.
Un mail peut suffire.
Une réunion prévue demain.
Une conversation d’hier que l’on rejoue pour la dixième fois.
Un dossier qui traîne.
Une remarque de son responsable.
Ou simplement cette pensée qui arrive à 22h36 :
« Il ne faut surtout pas que j’oublie ça demain. »
C’est l’une des idées centrales du livre de Robert Sapolsky Why Zebras Don’t Get Ulcers.
Le zèbre active son stress face au danger. L’être humain peut activer le même système simplement en pensant au danger.
Le stress n’est pas le problème
On parle tellement du stress comme de quelque chose qu’il faudrait supprimer qu’on en oublierait presque l’essentiel : nous avons besoin de cette réponse.
Lorsque quelque chose demande une réaction rapide, l’organisme s’adapte.
Le système nerveux autonome se mobilise. L’adrénaline, le cortisol et d’autres médiateurs participent à cette réponse. L’attention se concentre. De l’énergie devient disponible.
Si une voiture arrive sur vous alors que vous traversez la route, vous n’avez pas envie que votre organisme vous propose une longue réflexion sur votre équilibre intérieur.
Vous voulez qu’il réagisse.
Le problème commence davantage lorsque cette mobilisation devient répétitive, prolongée ou difficile à interrompre.
Autrement dit : ce n’est pas seulement la capacité à monter en tension qui compte.
C’est aussi la capacité à redescendre.
Parce que notre cerveau sait anticiper ce qui n’est pas encore arrivé
C’est là que l’être humain devient particulièrement doué.
Nous pouvons réagir à ce qui se passe.
Mais également à ce qui pourrait se passer.
Imaginez une réunion importante mardi.
Nous sommes dimanche soir.
Il ne se passe objectivement rien dans votre salon.
Et pourtant, vous pouvez déjà préparer les objections, anticiper les problèmes, imaginer la réaction d’une personne, revoir mentalement votre présentation et vous demander ce qui arrivera si quelque chose tourne mal.
Le corps, lui, ne fait pas toujours une distinction aussi nette entre un événement réellement en cours et un scénario suffisamment crédible et suffisamment chargé émotionnellement pour mobiliser une réponse.
C’est aussi pour cela qu’une personne peut être physiquement assise tranquillement dans son canapé tout en se sentant intérieurement incapable de décrocher.
Quand l’alarme se déclenche trop souvent
Une réponse de stress ponctuelle n’est donc pas anormale.
Ce qui mérite davantage d’attention, c’est lorsqu’il devient difficile de retrouver de vraies périodes de récupération.
Avec le temps, certaines personnes remarquent par exemple :
- un sommeil plus fragile ou moins récupérateur ;
- une difficulté à couper après le travail ;
- une tension corporelle qui revient rapidement ;
- une digestion plus sensible dans certaines périodes ;
- davantage d’irritabilité ;
- une sensation d’être constamment disponible ou en attente de quelque chose ;
- une fatigue qui ne disparaît pas complètement avec une soirée tranquille ou un week-end.
La recherche montre que le lien entre stress et organisme est complexe. Le stress peut notamment interagir avec le sommeil, certaines fonctions immunitaires et inflammatoires ainsi qu’avec le fonctionnement digestif et l’axe cerveau–intestin.
Il faut cependant éviter une explication trop simple du genre :
« Vous êtes stressé, donc votre cortisol est trop élevé et cela provoque tous vos symptômes. »
La physiologie humaine est beaucoup moins mécanique que cela.
Les réponses varient selon les personnes, la durée du stress, son intensité, le contexte, le sommeil, l’état de santé et de nombreux autres facteurs.
Et les fameux ulcères du titre ?
C’est justement là qu’il faut mettre un peu de nuance.
Why Zebras Don’t Get Ulcers est un excellent titre.
Mais il ne faut pas le lire comme une affirmation médicale disant que le stress est la cause principale des ulcères gastriques.
On sait aujourd’hui que les causes les plus fréquentes des ulcères peptiques sont surtout l’infection par la bactérie Helicobacter pylori et la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, les fameux AINS.
Le stress psychologique peut néanmoins intervenir dans certains mécanismes digestifs, modifier la perception de certains symptômes et interagir avec l’axe cerveau–intestin.
La métaphore de Sapolsky reste donc pertinente.
Pas parce que « penser trop donne des ulcères ».
Mais parce qu’elle montre quelque chose de beaucoup plus intéressant :
un mécanisme conçu pour répondre à une urgence ponctuelle peut devenir coûteux lorsqu’il est régulièrement sollicité par l’anticipation, les ruminations et les contraintes qui s’accumulent.
Le corps est rentré à la maison. Pas toujours le système d’alerte.
C’est une situation que beaucoup de personnes connaissent.
La journée est terminée.
L’ordinateur est fermé.
Les enfants sont couchés.
Il n’y a plus rien à faire dans l’immédiat.
Et pourtant, intérieurement, quelque chose continue.
On repasse une discussion.
On prépare demain.
On vérifie une dernière fois son téléphone.
On pense à ce qu’on aurait dû répondre.
Puis à ce qu’il ne faudra surtout pas oublier.
Le problème n’est alors pas forcément de « ne pas savoir se détendre ».
Il peut simplement être devenu difficile pour le système de comprendre que, pour aujourd’hui, l’urgence est terminée.
Et le burn-out dans tout cela ?
Le burn-out ne doit pas être utilisé comme synonyme de n’importe quelle fatigue ou période de stress.
L’Organisation mondiale de la Santé le décrit comme un phénomène lié au travail, associé à un stress professionnel chronique qui n’a pas pu être géré de manière satisfaisante.
Il existe donc une différence entre avoir quelques journées tendues, traverser une période difficile et arriver à une forme d’épuisement professionnel.
Mais un point mérite d’être observé bien avant d’en arriver là :
Est-ce que votre organisme trouve encore régulièrement des moments où il peut réellement redescendre ?
Pas seulement s’arrêter de travailler.
Redescendre.
Où l’hypnose peut-elle avoir une place ?
L’objectif de l’hypnose n’est évidemment pas de faire disparaître les réunions, les responsabilités, les enfants, les délais ou les imprévus.
Ce serait pratique. Mais je n’ai pas encore trouvé cette technique.
Le travail peut plutôt porter sur la manière dont une personne répond intérieurement à certaines situations : anticipation, tension persistante, automatismes, difficulté à décrocher ou réactions qui se déclenchent parfois très rapidement.
Selon la situation et ce qui entretient cette activation, j’utilise au cabinet l’hypnose et, lorsque cela est pertinent, l’EMDR ou l’EFT.
L’objectif n’est pas de devenir quelqu’un qui ne ressent plus de stress.
Ce serait ni réaliste ni souhaitable.
L’idée est davantage de retrouver une capacité d’adaptation : pouvoir mobiliser ses ressources lorsque c’est nécessaire… et ne pas rester intérieurement poursuivi par le lion lorsque celui-ci a disparu depuis plusieurs heures.
Une question simple à vous poser
Ce soir, lorsque votre journée sera terminée, observez simplement ceci :
Combien de temps faut-il à votre corps et à votre esprit pour comprendre que la journée est réellement finie ?
Quelques minutes ?
Une heure ?
Jusqu’au moment de vous coucher ?
Ou est-ce que la journée suivante a déjà commencé dans votre tête avant même que celle-ci soit terminée ?
Cette observation ne pose aucun diagnostic.
Mais elle peut donner une information intéressante sur votre capacité actuelle à récupérer.
Accompagnement à Yverdon-les-Bains
À Hypnothérapie Yverdon, il est notamment possible de travailler sur le stress, la difficulté à décrocher, la fatigue émotionnelle, certaines réactions anxieuses ou les situations d’épuisement, en choisissant l’approche en fonction de la personne et de ce qu’elle traverse.
Un accompagnement ne remplace évidemment pas un suivi médical lorsqu’il est nécessaire.
Mais lorsqu’un fonctionnement devient répétitif et commence à prendre trop de place dans le sommeil, le travail, les relations ou simplement la capacité à récupérer, cela peut constituer une piste à explorer.
Hypnothérapie Yverdon Yverdon-les-Bains
À lire également : Burn-out et charge mentale : quand le cerveau n’arrive plus à décrocher
Sources et repères scientifiques
Robert M. Sapolsky — Why Zebras Don’t Get Ulcers, 3e édition.
National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases — données de référence sur les causes des ulcères peptiques.
The impact of acute and chronic stress on gastrointestinal physiology and function: a microbiota-gut-brain axis perspective, The Journal of Physiology, 2023.
Stress, microbiota, and the gut-brain axis in mental and digestive health, Medicina Clínica, 2025.
Stress and sleep: Novel insights into stress-related sleep disorders from EEG features to neural circuitry, Sleep Medicine, 2026.
Psychological stress and immune dysregulation: Insights from neuroimmunology and the gut-brain-immune axis, Behavioural Brain Research, 2026.


