Charge mentale : comment déconnecter après le travail et passer un automne plus serein
Charge mentale : comment déconnecter après le travail et passer un automne plus serein
Le vrai luxe cet automne ? Rentrer chez vous sans ramener toute la journée dans votre tête.
La porte se ferme derrière vous.
La journée de travail est officiellement terminée. L’ordinateur est éteint. Vous êtes rentré à la maison. Peut-être que les enfants vous racontent leur journée. Le repas se prépare. Vous pourriez enfin souffler.
Et pourtant, une partie de vous est encore ailleurs.
Cette conversation que vous repassez mentalement. Ce mail auquel il faudra répondre demain. Cette décision qui n’est pas complètement réglée. Ce rendez-vous qu’il ne faut surtout pas oublier. Et puis cette petite vérification du téléphone, « juste deux minutes », qui remet aussitôt le travail au milieu du salon.
Vous êtes physiquement rentré.
Mais mentalement, avez-vous vraiment quitté votre journée ?
Pourquoi est-il parfois si difficile de déconnecter après le travail ?
Nous avons tendance à imaginer qu’une journée se termine à une heure précise : 17 h 30, 18 h, 19 h…
Notre attention, elle, ne fonctionne pas avec une pointeuse.
Lorsqu’une journée a demandé beaucoup de décisions, d’anticipation, de responsabilités ou de concentration, certaines préoccupations peuvent continuer à occuper l’espace mental bien après avoir quitté le lieu de travail.
C’est particulièrement fréquent chez les personnes qui doivent rester disponibles, résoudre des problèmes, coordonner plusieurs personnes ou assumer simultanément une vie professionnelle et familiale exigeante.
Le problème n’est donc pas nécessairement uniquement la quantité de choses que vous faites.
Il peut aussi se situer dans la quantité de choses que votre esprit continue de porter lorsqu’elles ne sont plus devant vous.
Quand la journée professionnelle continue mentalement à la maison
Une tâche terminée n’est pas toujours une tâche mentalement classée.
Votre attention peut rester accrochée à ce qui est incomplet, incertain ou important :
- un dossier à terminer ;
- une conversation difficile ;
- une décision à prendre ;
- une échéance à anticiper ;
- un problème pour lequel vous n’avez pas encore trouvé de solution ;
- la peur d’oublier quelque chose le lendemain.
Et lorsque plusieurs de ces éléments restent ouverts simultanément, la frontière entre travail et vie personnelle devient beaucoup moins nette.
C’est là que la charge mentale devient parfois particulièrement discrète : extérieurement, tout semble fonctionner. Intérieurement, il reste de moins en moins de place.
J’aborde plus largement ce mécanisme dans l’article consacré au burn-out et à la charge mentale.
Les signes que votre journée vous suit encore jusque chez vous
Il n’est pas nécessaire d’être complètement épuisé pour remarquer que la récupération devient moins efficace.
Certains signes sont beaucoup plus ordinaires.
- Vous repensez régulièrement au travail pendant le repas.
- Vous consultez vos messages professionnels sans réelle nécessité.
- Vous préparez mentalement la journée du lendemain avant même que celle-ci commence.
- Vous avez besoin d’un long moment avant de vous sentir réellement disponible pour vos proches.
- Les petites demandes vous irritent plus facilement en fin de journée.
- Vous avez du temps libre, mais vous ne ressentez pas vraiment cette impression d’être « off ».
- Lorsque vous vous arrêtez enfin, vous continuez intérieurement à résoudre des problèmes.
Pris séparément, ces comportements peuvent sembler anodins.
Mais lorsqu’ils deviennent la manière habituelle de terminer ses journées, une question mérite d’être posée :
à quel moment récupérez-vous réellement ?
Se reposer n’est pas toujours la même chose que récupérer mentalement
On peut être assis sur son canapé et continuer à travailler intérieurement.
On peut regarder une série tout en préparant mentalement une réunion.
On peut passer une soirée sans ouvrir son ordinateur et pourtant continuer à rejouer une discussion professionnelle.
Le repos physique et la récupération psychologique ne sont donc pas exactement la même chose.
En psychologie du travail, les chercheurs utilisent notamment l’expression « détachement psychologique du travail » pour décrire la capacité à ne plus rester mentalement engagé dans les préoccupations professionnelles pendant les périodes hors travail.
Une revue systématique publiée en 2023 dans le Journal of Occupational Health Psychology, portant sur 159 études empiriques, souligne l’importance de cette capacité dans les processus de récupération et de bien-être.
Cette recherche ne porte pas sur l’hypnose. Elle permet simplement de mieux comprendre pourquoi « ne plus travailler » et « avoir réellement décroché » ne sont pas toujours synonymes.
Autrement dit : votre soirée ne commence pas nécessairement au moment où vous quittez votre bureau.
Elle commence parfois au moment où votre attention accepte enfin de quitter ce qui s’y est passé.
Comment arrêter de penser au travail le soir ?
Il n’existe évidemment pas un bouton permettant de passer instantanément de « travail » à « maison ».
En revanche, certaines habitudes peuvent aider à créer une frontière plus nette.
Créer une véritable transition entre travail et maison
Lorsque les journées s’enchaînent sans transition, le cerveau ne reçoit pratiquement aucun signal indiquant qu’une séquence vient de se terminer.
Quelques minutes de marche, changer de vêtements en rentrant, prendre une douche, écouter de la musique pendant le trajet ou simplement rester quelques instants sans téléphone peuvent devenir des marqueurs de transition.
La question n’est pas de construire un rituel parfait.
Elle est plutôt de trouver quelque chose qui signifie :
« Cette partie de ma journée est terminée. »
Sortir certaines tâches de sa tête
Notre esprit continue souvent à revenir sur une tâche simplement parce qu’il essaie de s’assurer qu’elle ne sera pas oubliée.
Noter ce qui doit être repris le lendemain, préciser la prochaine action ou fermer volontairement un dossier peut parfois éviter de devoir le conserver mentalement pendant toute la soirée.
Une liste n’a alors pas pour fonction d’en faire davantage.
Elle peut simplement servir à dire à votre attention : « Tu n’as pas besoin de garder cela actif maintenant. »
Réduire les prolongations numériques de la journée
Le téléphone a considérablement brouillé la frontière entre vie professionnelle et vie personnelle.
Un message lu à 20 h 15 peut prendre quinze secondes.
Mais la réflexion qu’il déclenche peut occuper les trente minutes suivantes.
Lorsque cela est possible dans votre activité, définir des périodes où les communications professionnelles restent volontairement en dehors de votre attention peut participer à une meilleure récupération.
Retrouver des moments où rien n’a besoin d’être décidé
Les journées chargées ne demandent pas seulement de faire beaucoup de choses.
Elles demandent aussi de choisir en permanence.
Prioriser. Répondre. Organiser. Anticiper. Arbitrer.
Créer quelques espaces dans lesquels aucune nouvelle décision importante n’est nécessaire peut être une manière très simple de diminuer cette sollicitation continue.
Pourquoi l’automne peut être un bon moment pour revoir son rythme
L’automne n’est pas un problème à combattre.
Mais il marque souvent un changement de rythme.
Les journées raccourcissent. Les semaines de rentrée sont derrière nous. Les agendas d’octobre, novembre et décembre commencent à se remplir. Les obligations professionnelles, familiales et sociales s’accumulent parfois presque imperceptiblement.
Et il reste encore plusieurs mois avant les fêtes de fin d’année.
C’est justement ce qui rend cette période intéressante.
Il n’est pas nécessaire d’attendre décembre pour se demander comment on veut traverser les prochaines semaines.
Pas forcément en faisant moins de tout.
Mais peut-être en observant davantage ce qui continue à occuper votre esprit lorsqu’il n’y a plus rien à résoudre immédiatement.
Hypnose et charge mentale : peut-on apprendre à mieux décrocher ?
L’hypnose ne vide pas un agenda.
Elle ne répond pas aux mails à votre place, ne supprime pas les responsabilités professionnelles et ne transforme pas une semaine de 50 heures en semaine de vacances.
Et c’est justement pour cela qu’il est important de ne pas la présenter comme une solution miracle à la charge mentale.
En revanche, l’hypnose peut constituer une piste d’accompagnement lorsque la difficulté concerne notamment la manière dont certaines tensions, anticipations ou automatismes continuent à fonctionner longtemps après la fin de la situation qui les a déclenchés.
Selon la personne et son objectif, le travail peut notamment porter sur :
- la capacité à retrouver plus facilement un état de calme ;
- certains automatismes d’anticipation ;
- la difficulté à relâcher mentalement ;
- les tensions associées à certaines situations professionnelles ;
- la transition entre les périodes de mobilisation et les périodes de récupération.
L’objectif n’est donc pas nécessairement de « ne plus penser ».
Il peut être beaucoup plus réaliste :
retrouver davantage de choix sur le moment où votre attention doit rester mobilisée… et celui où elle peut enfin se poser ailleurs.
Lorsque le stress reste présent même dans les moments où tout est objectivement calme, vous pouvez également lire : Quand le stress ne redescend plus, ce n’est pas toujours spectaculaire.
Et lorsque la journée finit par vous suivre jusque dans votre sommeil ?
Chez certaines personnes, la difficulté à déconnecter ne s’arrête pas au salon.
Elle se poursuit au moment du coucher.
La journée se rejoue, le lendemain s’anticipe et le moment qui devrait être consacré à la récupération devient une nouvelle période d’activité mentale.
Lorsque cette situation devient fréquente, il peut être utile de s’intéresser non seulement au sommeil lui-même, mais aussi à ce qui se passe avant le sommeil.
J’explique plus précisément cette relation dans mon article : Hypnose et sommeil : quand le corps est fatigué mais que l’esprit reste en alerte.
Hypnose pour le stress et la charge mentale à Yverdon-les-Bains
À mon cabinet Hypnothérapie Yverdon, j’accompagne notamment des adultes confrontés au stress, à la charge mentale, à la fatigue émotionnelle ou à cette difficulté persistante à réellement décrocher.
Chaque situation étant différente, l’accompagnement commence par un échange permettant de comprendre ce que vous vivez, ce qui entretient la difficulté et ce que vous souhaitez concrètement voir évoluer.
L’hypnose peut être utilisée lorsqu’elle est pertinente. Selon la situation et l’objectif, l’EMDR ou l’EFT peuvent également faire partie des outils envisagés.
Il ne s’agit pas d’appliquer automatiquement une technique à un problème.
Il s’agit de choisir un accompagnement adapté à la personne qui se trouve en face de moi.
Ces approches ne remplacent pas une prise en charge médicale lorsqu’elle est nécessaire. Si une fatigue, des troubles du sommeil, une anxiété importante ou d’autres symptômes persistent ou vous inquiètent, un avis médical peut également être indiqué.
Et si votre objectif cet automne était simplement de rentrer vraiment chez vous ?
Vous continuerez probablement à avoir des responsabilités.
Il y aura encore des dossiers, des décisions, des rendez-vous, des enfants à conduire quelque part, des messages auxquels répondre et des semaines qui ne se dérouleront pas exactement comme prévu.
L’objectif n’est pas de construire une vie dans laquelle plus rien ne sollicite votre attention.
Il peut être beaucoup plus simple :
retrouver suffisamment d’espace intérieur pour que toutes ces responsabilités ne vous accompagnent pas partout.
Parce que le vrai luxe cet automne n’est peut-être pas d’avoir moins à faire.
C’est de pouvoir rentrer chez vous sans ramener toute votre journée dans votre tête.
Vous avez du mal à réellement déconnecter ?
Si la charge mentale, le stress ou la difficulté à décrocher prennent de plus en plus de place dans votre quotidien, il est possible d’explorer ce qui entretient ce fonctionnement et de travailler sur des pistes adaptées à votre situation.
Hypnothérapie Yverdon – Yverdon-les-Bains
Questions fréquentes
Pourquoi est-ce que je continue à penser au travail une fois rentré ?
Une journée professionnelle peut laisser plusieurs préoccupations, décisions ou tâches mentalement ouvertes. Plus les responsabilités et les sollicitations sont nombreuses, plus il peut être difficile de passer immédiatement d’un état de mobilisation à un état de récupération.
Comment déconnecter du travail le soir ?
Il n’existe pas une méthode unique. Créer une transition entre travail et maison, noter les tâches à reprendre le lendemain, limiter certaines sollicitations numériques et préserver des moments sans nouvelles décisions peuvent constituer des pistes simples. Lorsque la difficulté persiste et pèse sur le quotidien, un accompagnement peut également être envisagé.
Est-ce que l’hypnose peut aider à apaiser la charge mentale ?
L’hypnose peut constituer une piste lorsque la difficulté concerne notamment la tension persistante, certains automatismes d’anticipation ou la difficulté à retrouver un état de calme. L’accompagnement doit toutefois être adapté à chaque personne et aucun résultat ne peut être garanti.
Combien de séances d’hypnose faut-il pour la charge mentale ?
Il n’existe pas de nombre de séances valable pour tout le monde. Cela dépend de la situation, de l’objectif, de ce qui entretient la difficulté et de l’évolution du travail.
Quand faut-il consulter pour une charge mentale importante ?
Il n’est pas nécessaire d’attendre une situation de rupture. Une difficulté persistante à récupérer, un retentissement sur le sommeil, les relations, le travail, la patience ou la capacité à profiter des moments de repos peuvent constituer des raisons d’en parler. En présence de symptômes importants ou inquiétants, un avis médical reste également indiqué.
Source scientifique
Agolli A., Holtz B.C. (2023). Facilitating detachment from work: A systematic review, evidence-based recommendations, and guide for future research. Journal of Occupational Health Psychology, 28(3), 129–159. PMID : 37141024.


